Octopus Lab : une supervision pour prédire la dégradation de l’air dans les bâtiments

Octopus Lab : une supervision pour prédire la dégradation de l’air dans les bâtiments

Toujours tirer du positif dans le négatif, cela pourrait être l’adage d’Octopus Lab. L’entreprise nordiste, par le biais de son dirigeant, s’intéresse depuis plusieurs années à la qualité de l’air intérieur au point d’avoir développé une supervision permettant d’alerter, et même de prédire les dégradations de l’air. Soutenue au départ par l’Ademe, Octopus lab reconnait volontiers que c’est « grâce » à la pandémie de Covid que le sujet « QAI » est enfin pris en compte dans les bâtiments.

 « Un changement de paradigme », voilà ce qu’ont réclamé une quarantaine de scientifiques du monde entier, à la mi-mai dans la revue Science. Ils revendiquent la mise en place de normes de ventilation dans les bâtiments. « Au XXIe siècle, nous devons établir des fondations pour nous assurer que l’air dans nos bâtiments est propre […] comme nous l’attendons de l’eau qui sort de notre robinet », ont-ils écrit. En ce temps de Covid, la qualité de l’air intérieur interpelle. C’est avec l’épidémie que la ventilation des bâtiments et la mesure des polluants ont pris un sens : « Les gouvernements successifs ont parfois pris le sujet à bras le corps, mais sans réels convictions et avec des décrets d’application repoussés quelques années plus tard, (Ndlr : 2018 finalement). Le sujet avait du mal à prendre. Depuis le Covid, c’est devenu important et les budgets se débloquent alors que les obligations réglementaires sont aléatoires, en partie à cause de l’apparition de clusters dans les entreprises », explique Maxence Mendez, fondateur d’Octopus Lab, société qui développe des logiciels de prévision de la qualité de l’air intérieur. Seul problème : qui est responsable de la qualité de l’air intérieur ? L’assistance à maîtrise d’ouvrage choisit les matériaux donc cela pourrait-être elle, mais quid du fournisseur de ces mêmes matériaux ou de l’utilisateur final ? C’est pour solutionner cette question et venir en complément de l’expertise bâtiment des bureaux d’études, qu’Octopus Lab a développé la suite logicielle Indalo.

Le développement de la supervision Indalo 

A l’origine, Maxence Mendez était chercheur au CNRS. En 2017, il décide de développer un outil pour comprendre ce qu’était la qualité de l’air intérieur. Outil qui servirait dès la phase conception d’un bâtiment : Indalo. Comme toute supervision en GTB, elle permet un suivi des données sur 24 heures. Suite aux analyses, en cas de situation dégradée, deux solutions : adapter les comportements humains ou prendre la main sur les systèmes de ventilation par exemple. Mais la supervision va plus loin en mêlant la prévention, le prédictif. « A l’image de la météo, la solution permet d’anticiper les pics de pollution. Pour cela, nous sommes allés plus loin que le capteur par pièce, en nous intéressant à l’extérieur. » Si un pic de pollution a lieu, le bâtiment est piloté pour y faire face dans les heures qui suivent. Une prédiction rendue possible grâce au jumeau numérique du bâtiment : « La maquette 3D répertorie tout ce qui est qualité de l’air intérieur relative au bâtiment. C’est la même méthodologie que pour la météo : il n’y a pas de station dans chaque villages et villes de France, et pourtant les prévisions sont précises » 

Un marché qui s’étend 

« Attention, les bâtiments hyper smart ne sont pas les seuls concernés. Nous pouvons aussi déployer des petits modules avec lesquels on arrive à communiquer avec les centrales de traitement de l’air », affirme l’ancien chercheur. Depuis l’obligation de surveillance de la qualité de l’air intérieur (Ndlr : 1er janvier 2018 pour les écoles maternelles, élémentaires et crèches, 1er janvier 2020 pour les accueils de loisirs et les établissements d’enseignement du second degré et 1er janvier 2023 pour les autres établissements.), Octopus Lab travaille beaucoup avec les collectivités pour répondre aux besoins de sécurité des crèches et écoles notamment. « Nous proposons un suivi a minima du CO2, des COV et du formaldéhyde et si les seuils sont dépassés une alerte est émise auprès des enseignants pour leur permettre d’agir avant que l’air ne soit trop dégradé. Ici, nous ne pilotons pas le bâtiment en direct en modifiant les débits d’air, comme un thermostat. » Et comme la qualité de l’air intérieur « devrait encore être d’actualité d’ici 20 ans », un nouvel algorithme est venu compléter Indalo : l’indice Covid. « Comme le virus se transmet dans les airs, les lieux accueillant du public comme les bars, restaurants, musées, etc. s’intéressent à présent à notre solution. » 

 

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Journaliste