Interview. Comment Intent Technologies a transformé la gestion du patrimoine du bailleur 3F

Interview. Comment Intent Technologies a transformé la gestion du patrimoine du bailleur 3F

Générer de la donnée mais ne pas l’utiliser pleinement, c’est la problématique que rencontrait le bailleur social 3F. Ascensoristes, fournisseurs liés à l’entretien des espaces verts ou encore à la maintenance pour le chauffage, tous ces acteurs génèrent et hébergent des informations sur le bâtiment sans pour autant que le gestionnaire puisse les utiliser efficacement. Un décalage qu’efface Intent Technologies, start-up née en 2011, en opérant une plateforme qui connecte tous ces acteurs en temps réel. En trois questions, Jean-Philippe Régnier, directeur commercial d’Intent Technologies  nous explique.

 

Il y a 4 ans, le bailleur 3F fait appel à vos services pour optimiser la gestion de son parc locatif. Quelles étaient à l’époque les consignes ?

Il fallait créer un écosystème via une plateforme qui puisse connecter tous les fournisseurs de service à 3F. Il fallait leur permettre de partager les données en temps réel, telles que la planification d’interventions sur site, les photos des désordres rencontrés ou encore les relevés issus des objets connectés. Le métier d’un propriétaire immobilier au sens large comprend deux notions : la relation avec l’utilisateur final d’une part, et la gestion et la valorisation de son patrimoine d’actifs d’autre part. Aujourd’hui, à travers Intent, 70 fournisseurs sont reliés en temps réel à 3F, sans compter les changements au fil des années en fonction de la révision des contrats. L’évolution de la plateforme ne s’arrête jamais ! C’est cela la réalité d’un gestionnaire immobilier.

Concrètement, quels ont été les gains pour le bailleur ?

3F a gagné en efficacité et améliore sa relation locataire en disposant d’informations fiables en temps réel accessibles. L’utilisation d’Intent a également transformé la manière dont 3F travaille avec ses fournisseurs. De gestionnaire immobilier, 3F se transforme en un opérateur de services qui maîtrise mieux ses charges et son temps car il y a un meilleur pilotage des contrats, des usages et des travaux. Cela a aussi permis plus de transversalité au sein de l’entreprise car l’ensemble des collaborateurs ont accès à un outil mutualisé. Les fournisseurs aussi y voient un intérêt puisque le nombre de saisies est diminué grâce à la dématérialisation, ils partagent leurs données, mais en récupèrent également (les demandes d’interventions ou les coordonnées des locataires par exemple). Il s’agit de travailler à livre ouvert. 3F dans son ensemble progresse sur la fameuse question : comment la data peut-elle avoir un impact sur mon activité et ma proposition de valeur ?

Parce que cette réflexion est cruciale…

Oui, de manière générale, l’immobilier se digitalise, avec les GMAO (gestionnaires de maintenance assistée par ordinateur), les objets connectés ou le BIM. Aujourd’hui, la plateforme alimente la relation clients/gestionnaire de bâtiment, mais nous apportons également des informations sur la vie du bâtiment à la maquette BIM avec des informations liées aux usages qui ont un impact sur les besoins de travaux ou de maintenance. A plus grande échelle, nous travaillons actuellement avec la Métropole européenne de Lille pour superviser leurs réseaux électriques en temps réel afin d’optimiser l’intégration des énergies renouvelables et des infrastructures de recharge de véhicules électriques. L’objectif est d’élargir nos compétences aux smart cities car nous pensons qu’il y a un intérêt à pouvoir connecter un maximum d’acteurs d’un territoire. Demain, il faudrait aller plus loin et permettre aux gestionnaires de bâtiments, tertiaires ou d‘habitation, de communiquer avec la ville, et inversement.

AD

Journaliste