Innovation :  géolocaliser les occupants grâce aux vibrations dans le sol

Innovation : géolocaliser les occupants grâce aux vibrations dans le sol

Détecter la présence des personnes via les vibrations de leurs pas, tout en omettant le parquet qui craque, c’est le nouveau challenge que se sont donné les chercheurs du Laboratoire d’informatique et de mécanique appliquées à la construction (IMAC), au sein de la Faculté ENAC, en Suisse.

Pour eux, l’objectif est de remplacer les systèmes intrusifs de détection de personnes, à l’instar des caméras de vidéosurveillance filmant en continu l’intérieur des centres commerciaux, des espaces publics ou encore des bâtiments industriels. « Grâce à des capteurs repartis sur les planchers, nous pouvons enregistrer les vibrations du sol provoquées par les pas. À partir de là, il est possible de déduire le nombre de personnes présentes dans le bâtiment, leur localisation ou leur trajectoire », explique le doctorant, Slah Drira. In fine, en obtenant le nombre de personnes présentes dans un même espace, ces capteurs devraient optimiser la gestion énergétique des bureaux, renforcer la sécurité des bâtiments tels que les banques ou encore localiser les occupants en cas d’incendie dans des bâtiments recevant du public, entre autres.

Mais comment les différencier ?

Durant ces recherches, deux difficultés sont apparues. D’abord, il a fallu réussir à dissocier les vibrations d’évènements parasites, comme la fermeture de porte ou la chute d’objets par exemple. Ensuite, les chercheurs ont constaté que l’anatomie de la personne, le type de chaussure ou l’état de sa santé jouait sur sa démarche. Il a alors fallu intégrer ces critères. Pour y arriver, la méthode développée par le doctorant s’appuie sur des algorithmes d’apprentissage automatique supervisé. Plus globalement, il s’agit de machines qui permettent de classifier les signaux. Il s’est inspiré des réseaux de neurones convolutifs, utilisés pour la reconnaissance d’images (pixels) pour réussir à différencier les caractéristiques des pas des occupants.

Actuellement, quatre études de cas en grandeur nature ont été réalisées et ont permis d’affiner le projet : un capteur de vibration pour 15 à 75 m² est dorénavant suffisant, contre 2m² avant.

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Journaliste