Focus. Sereine, un outil pour évaluer la performance réelle d’un logement
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Focus. Sereine, un outil pour évaluer la performance réelle d’un logement

Développée depuis 2019 dans le cadre du programme Profeel, Sereine est une méthode d’évaluation de la performance énergétique intrinsèque des bâtiments. Elle repose sur des outils, accessibles au plus grand nombre dès la fin d’année. Les explications d’Aurélien Lopes, pilote du projet. 

 

Disposer d’une méthode fiable, rapide et compétitive pour évaluer le coefficient de transfert thermique d’un logement, afin d’en déduire sa performance énergétique réelle, à l’issue de travaux par exemple, sera très bientôt une réalité. La solution Sereine – pour « Solution d’Evaluation de la peRformance Energétique IntrinsèquE des bâtiments » – devrait être disponible dès la fin 2021 pour les maisons individuelles. 

Retour en 2019. Dans le cadre du programme Profeel, financé par les CEE, une quarantaine de chercheuses et chercheurs de 7 organismes différents (dont le CSTB et l’AQC*), commencent à élaborer une méthode opérationnelle de mesure de la performance réelle d’un bien. « Jusqu’alors, mesurer de façon fiable les déperditions énergétiques de l’enveloppe d’un bâtiment (Ubât) nécessitait un bâtiment vide d’occupants durant plusieurs semaines et équipé d’une instrumentation conséquente… Autant dire des conditions impraticables sur le terrain », rappelle Aurélien Lopes, pilote du projet. 

Maisons individuelles

L’équipe de Sereine a donc développé un protocole allégé, mis en place durant 24h maximum, et sans rien perdre en fiabilité. « Très concrètement, pour une maison individuelle, il s’agit pour l’opérateur de poser une dizaine de capteurs : un pour mesurer le rayonnement solaire, les autres pour les températures intérieures et extérieures. Une fois ceux-ci installés, volets fermés, le volume intérieur est chauffé par des convecteurs, et l’air diffusé de façon homogène grâce à des ventilateurs », détaille le responsable. 

L’opérateur peut alors lancer le logiciel développé dans le cadre du programme. « Celui-ci intègre des algorithmes complexes qui vont permettre, par une approche itérative et des modèles pré-identifiés de comportements dynamiques de l’enveloppe du bâtiment, de calculer les déperditions énergétiques du bâtiment chauffé (HCL). Combiné à une mesure de la perméabilité à l’air, le dispositif permet d’aller jusqu’au calcul du coefficient de déperdition du bâtiment (Ubât).

Complémentarités

Opérationnelle depuis l’été 2020, la méthode Sereine pourra être proposée aux maîtres d’oeuvre et maîtres d’ouvrage « d’ici la fin de l’année ». Elle constituera un complément pertinent au DPE « nouvelle formule », annoncé pour juillet 2021 et qui prévoit de fournir un indice de performance de l’enveloppe, et du test de perméabilité à l’air via porte soufflante. La prestation pourra être assurée par des professionnels de la thermique dûment formés (opérateurs de mesure de perméabilité à l’air notamment). « Les prochains mois seront notamment consacrés au traitement des différentes remontées technico-économiques des opérateurs partenaires du programme Sereine, qui effectuent actuellement des mesures en situation. Quel tarif attribuer à la prestation ? Quelle assurance mobiliser ? ». Une fois les réponses identifiés, l’offre Sereine pourrait être inclue dans les démarches encadrées, type BBC Rénovation par exemple. 

Bâtiment collectifs et tertiaires

Il faudra en revanche encore attendre un peu – d’ici 2024 probablement – pour disposer d’une méthode équivalente pour les locaux tertiaires et les logements collectifs. «Pour ces deux typologies de bâtiments, une stratégie d’échantillonnage, impliquant une prise en compte de nombreuses configurations en fonction des mitoyennetés, est nécessaire. Cela prendra plus de temps à développer », précise Aurélien Lopes. 

* Auxquels il faut ajouter l’Armines (Association de recherche de l’école des Mines), le Cerema, le Costic, l’Ines, Nobatek/Inef4 et l’USMB (Université Savoie Mont-Blanc). 

ALS

Journaliste